Le besoin de nouvelles approches


L'une des complexités de la lutte contre le cancer réside dans le fait que chaque tumeur est génétiquement unique et présente des marqueurs tumoraux qui lui sont propres. L'utilisation d'une médecine individualisée s'avère indispensable comme voie de guérison, à l’heure où les traitements demeurent encore inadaptés aux tumeurs spécifiques des patients. Cette dernière décennie a vu émerger l’immunothérapie comme solution extrêmement prometteuse dans la lutte contre le cancer, mais elle reste aujourd’hui insuffisamment personnalisée. Le challenge est donc le suivant :


Comment activer le système immunitaire du patient spécifiquement contre sa propre tumeur ?

Les immunothérapies


L’immunothérapie fait office véritable révolution dans le traitement du cancer.Cette approche a pour but d'utiliser le système immunitaire pour détruire les cellules tumorales et les métastases. Les premières recherches d'immunothérapie remontent aux années 1970 mais ont vraiment pris toute leur ampleur ces dernières années avec les « inhibiteurs de point de contrôle de l’immunité ». Le système immunitaire dispose naturellement de points de contrôle pour limiter la réponse immunitaire et protéger ainsi l’organisme d’une sur-activation. La tumeur est capable d'échapper au système immunitaire en activant précisément ces points de contrôle qui inhibent la réponse immunitaire. Ainsi, même si le système immunitaire détecte la tumeur et tente de la détruire, au contact de cette dernière il se désactivera laissant ainsi le cancer se développer. C’est là qu’interviennent les inhibiteurs de point de contrôle. Ces molécules permettent de rétablir la destruction de la tumeur par le système immunitaire.


Cependant, ces inhibiteurs permettent seulement de supprimer la protection que la tumeur met en place pour échapper au système immunitaire, pas d'indiquer au système immunitaire quelles sont les cibles tumorales C'est ici l'une des principales limites de l'utilisation des inhibiteurs de points de contrôle en monothérapie. En effet, il est essentiel d'activer en amont le système immunitaire contre les marqueurs tumoraux qu'il doit cibler spécifiquement. Pour développer une immunothérapie complète et offrir au patient les meilleures chances de rémission il faut donc associer :



Les inhibiteurs de point de contrôle de l’immunité:

Un traitement révolutionnaire qui atteint ses limites.

Ces inhibiteurs de point de contrôle ont permis d’augmenter la survie des patients dans de nombreux cancers, mais au prix d’une toxicité très élevée pour de nombreux patients (54% des patients pour le mélanome) et avec un nombre encore trop limité de ces patients qui répondent à ces thérapies (40% pour le mélanome). Pour améliorer l’efficacité de ces inhibiteurs et réduire leur toxicité, les dernières études montrent qu’il faut les utiliser en combinaison avec une immunothérapie active ciblée comme celle développée par Inovactis.

L'immunothérapie active ciblée va recruter l’ensemble du système immunitaire du patient contre des cibles tumorales, et les inhibiteurs de points de contrôle vont supprimer la capacité de la tumeur à échapper au système immunitaire.

Les immunothérapies ciblées:

La combinaison de plusieurs cibles est indispensable au succès.

Une immunothérapie ciblée efficace doit permettre d’activer le système immunitaire contre plusieurs cibles tumorales simultanément. En effet, une tumeur n'est pas homogène, elle présente plusieurs sous populations génétiquement différentes, qui ne présentent pas toutes les mêmes marqueurs tumoraux. De plus, le traitement du cancer contre une cible unique permet inexorablement à la tumeur de s’adapter, par un mécanisme de sélection naturelle conduisant à la perte de la cible exposée.

Ainsi il est indispensable de cibler l'ensemble de ces marqueurs afin d’éviter l’émergence d’une sous population et ainsi tout risque de rechute.

Le choix de l’adjuvant:

Un facteur clé pour le succès du traitement.

Une maturation optimale du système immunitaire est essentielle pour permettre l’activation des lymphocytes tueurs, les cellules en charge de détruire la tumeur. Pour permettre cette maturation, il faut un signal de danger qu’on appelle adjuvant. Cet adjuvant est délivré en même temps que le traitement pour associer un signal danger à la cible et ainsi activer le système immunitaire contre cette cible.

De nombreux adjuvants manquent soit d’efficacité, soit présentent une toxicité à certaines doses, ce qui complexifie considérablement l’administration des immunothérapies.

Notre approche

La biologie de synthèse permet d'ajouter à des micro-organismes de nouvelles fonctions biologiques synthétiques. En utilisant cette technologie, Inovactis a ajouté à la levure S. cerevisiae des fonctions lui permettant d’activer le système immunitaire contre de multiples cibles spécifiques à la tumeur du patient. Une levure est un micro-organisme utilisé depuis des milliers d’années pour la fermentation, et qui est devenue un outil puissant pour produire des molécules d’intérêt industriel grâce à l’ingénierie de son génome.

Inovactis a choisi de développer son traitement sur la levure S. cerevisiae pour sa grande capacité à produire des molécules thérapeutiques complexes, et pour son innocuité totale démontrée chez l’homme dans plusieurs essais cliniques. Comment fonctionne le traitement ?

Dans un premier temps la tumeur du patient est séquencée dans le but de déterminer les cibles tumorales spécifiques de la tumeur du patient :


Une fois les cibles déterminées, Inovactis crée en quelques semaines une souche de levure S.cerevisiae ayant la capacité de produire les marqueurs tumoraux identiques à ceux de la tumeur du patient. Cette levure modifiée est injectée au patient pour délivrer aux cellules du système immunitaire les marqueurs tumoraux à cibler. La levure associe naturellement un signal de danger à ces marqueurs, jusque-là non considérés par le système immunitaire comme étant des marqueurs tumoraux.


Ainsi, le système immunitaire détecte et détruit les cellules cancéreuses identifiées grâce aux levures.


Preuve de concept :


80% de survie chez les souris traitées

Une étude préliminaire in vivo sur des souris porteuses d’un mélanome agressif a démontré un taux de survie de 80% pour les souris traitées avec la technologie Inovactis, contre un taux de survie de 20% pour les souris non traitées, et ce 20 jours après l'injection de la tumeur aux souris. Cette étude a été réalisée avec une seule dose testée, elle reste donc préliminaire.

Une seconde étude réalisée sur 57 souris porteuses du mélanome à l’institut Curie est en cours, et les résultats seront connus dès fin mars. À moyen terme, une étude sur le cancer du côlon sera également réalisée chez la souris pour prouver la polyvalence de la technologie.



Produit


Inovactis développe un traitement anti-tumoral basé sur une levure modifiée pour activer l’ensemble du système immunitaire contre de multiple marqueurs tumoraux identifiés par séquençage de la tumeur du patient. Avec sa technologie, Inovactis ouvre la voie à la révolution de la médecine totalement individualisée pour offrir une meilleure efficacité thérapeutique.